Montréal face à l’itinérance: une réalité qui nous interpelle
Foto : Katherin Amaya
Alors que le froid s’installe, la réalité de l’itinérance demeure préoccupante à Montréal. La métropole concentre toujours le plus grand nombre de personnes sans logement stable au Québec, mais le phénomène s’étend désormais à l’ensemble du territoire et touche des profils de plus en plus variés.
Contrairement aux idées reçues, l’itinérance ne concerne pas uniquement les hommes seuls. On y retrouve des femmes, des jeunes, des personnes autochtones et des personnes âgées, dont les parcours sont souvent marqués par une succession de ruptures et de difficultés. Pour plusieurs, la perte d’un logement survient après une période d’instabilité économique, de problèmes de santé ou d’isolement.
Afin de répondre à l’urgence hivernale, la Ville de Montréal a récemment annoncé l’ajout de 500 places temporairesd’ici Noël. Ces nouvelles haltes-chaleur viendront s’ajouter aux ressources déjà en place et seront adaptées à différentes réalités, notamment pour les femmes, les couples et les personnes accompagnées d’un animal. Une partie de ces places sera disponible dans les prochaines semaines.
La Ville a également mis sur pied une cellule de coordination, réunissant les acteurs municipaux, communautaires et du réseau de la santé, afin d’intervenir plus rapidement et d’ajuster les actions en fonction des besoins observés sur le terrain. Des règles ont été assouplies pour permettre l’ouverture accélérée de lieux d’accueil en période critique.
Si ces mesures sont jugées nécessaires pour traverser l’hiver, elles ne constituent toutefois qu’une réponse immédiate. Les autorités reconnaissent que la situation exige aussi des solutions à long terme, notamment en matière de prévention et de logements transitoires.
Au-delà des annonces, la question de l’itinérance soulève un enjeu collectif. Derrière les statistiques se trouvent des personnes, et leur sécurité pendant l’hiver dépend autant des décisions publiques que de la solidarité de l’ensemble de la communauté.
Pour orienter une personne vers de l’aide, le 211 demeure la porte d’entrée vers les ressources disponibles à Montréal.